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Au printemps, tombent les feuilles (PV: Archibald)

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Eva Mayers
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Mer 13 Avr - 22:18





Au printemps, tombent les feuilles

Quelques jours plus tôt …

L’endroit grouillait de monde, pourtant jamais Eva ne s’était senti aussi seule. Assise dans la salle d’attente de l’hôpital de Céladopole, la mine basse, elle attendait. Depuis son retour de l’archipel, tout c’était précipité, si bien qu’elle avait prit la décision de revenir habiter temporairement chez ses parents, d’abandonner sa quête. En l’espace d’une semaine, l’état de son père s’était aggravé dangereusement. Les dernières nouvelles du médecin n’étaient guères rassurantes. Son cancer avait fait une remontée foudroyante. Oh bien sure, les médecins l’avaient condamné depuis longtemps, mais pour Eva la nouvelle était encore fraîche. Elle se souvenait encore de ce coup de téléphone fatidique, la rappelant au bercail.
Son père avait pourtant eut l’air d’aller bien dernièrement, avant sa fatigue soudaine, ses vomissements, ses douleurs. Et maintenant il était à l’hôpital, une nouvelle fois, le cœur s’y mettait lui aussi.
Sa mère était assise à ses côtés, toujours aussi radieuse, même si l’inquiétude se lisait sur son visage. Mère et fille se ressemblaient beaucoup physiquement. Cela faisait maintenant plus de deux heures qu’elles patientaient. C’était Eva qui avait appelée l’ambulance après la perte de connaissance de son père dans la salle de bain. Depuis, plus rien, le cortège médical était à l’action, les tenant à l’écart. C’était frustrant. La porte du l’accès au soin s’ouvrit enfin, le médecin approcha. Eva su en un seul regard qu’il n’apportait pas de bonnes nouvelles, elle le sentait, sa mère aussi.
Le chirurgien les invita à entrer dans un minuscule bureau. Ce n’était pas bon signe. Son cœur se serrait en prenant place sur une chaise en bois.

- Madame, Mayers, Mademoiselle … c’est moi qui ait prit en charge votre mari à son arrivée aux urgences suite à son malaise. Nos examens ont révélés une hémorragie interne ainsi qu’un arrêt cardiaque. Je suis au regret de vous annoncer que nous n’avons rien pu faire pour le soigner, son cancer était trop avancé. Je suis désolé.
Si vous le désirez, les psychologues de l’hôpital peuvent vous recevoir à tout moment.


Elle avait beau s’y être attendue, Eva était sous le choc, n’arrivant même pas à pleurer, elle n’arrivait plus à rien d’ailleurs. Sa mère à ses côtés venait de fondre en larme. Eva aurait voulu la consoler, mais elle en était incapable, ayant déjà bien du mal à tenir le choc elle-même. Le médecin leur proposa de voir Bryan une dernière fois. Mya accepta, mais pas Eva, c’était trop dur. Quitte à devoir garder une seule image de son père, elle voulait que cette image ne soit pas celle d’un corps sur un lit d’hôpital. Il y a certaines images qu’on ne peut jamais effacer de sa mémoire, jamais.

………

Ce jour là.

C’était un vendredi matin. Eva était enfermée dans sa chambre depuis le petit déjeuner. Il n’était pas encore 9h et l’enterrement avait lieu à 10h30, un enterrement civil. Mya n’avait pas eut le courage de s’occuper de l’organisation, tout était retombé sur les frêles épaules de sa fille unique. Il y aurait la mise en bière, puis le cortège se rendrait au cimetière au sud d’Argenta.
Eva était vêtue d’une robe noire, classique, le genre de robe qu’elle ne portait que pour ce genre d’occasion, autant dire jamais. Ses cheveux étaient attachés simplement dans son dos, ça aussi c’était rare. Mentali et Noctali étaient couchés sur son lit, l’observant. C’était officiel maintenant, Noctali était devenu son Pokémon, il n’était plus celui de son défunt père, elle se devait d’en prendre soin. Le Pokémon lunaire était triste, abattu. Hélas, que lui dire ? Depuis la mort de son père qui remontait à quatre jours maintenant, un silence pesant c’était installé dans la maison, vide. Mère et fille n’arrivaient plus à se parler, autre que pour échanger des informations cruciales.

La brune jeta un nouveau coup d’œil à son montre, ce qui lui réchauffa quelque peu le cœur. Il ne devait plus tarder à présent. Archibald. Elle lui avait transmis un simple message écrit pour l’informer de la mort de son père, de l’enterrement qui avait lieu ce vendredi, du fait qu’elle avait besoin de lui. Il avait accepté de venir, il avait l’adresse, elle l’attendait. Eva alla s’asseoir sur son lit, veillant à ne pas froisser ses vêtements. Elle voulait être digne pour son père, il le méritait. Beaucoup de monde était attendu, comme tous les employés du musée d’Argenta où il travaillait d’ailleurs. La belle se sentait fébrile, à bout de force et de nerfs. Elle appelait de tous ces vœux cette sonnette qui annoncerait l’arrivée de son bien aimé, le seul capable de l’aider à surmonter cette épreuve. Sa mère était informée de la venu du compagnon de sa fille, bien qu’Eva s’était bien gardée de donner des détails sur lui, comme son âge pour commencer. Comment réagirait Mya ? Peu importe, Eva s’en fichait, tout ce qu’elle voulait, c’était qu’il soit là.


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Archibald Lannysser
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Mer 13 Avr - 23:32



Au printemps, tombent les feuilles


Argenta - Matin - Kanto





Dans le brouillard matinal qui s'était abattu sur les vals montagneux ce jour-là, une silhouette solitaire en chemin se découpa peu à peu entre les arbres. D'un pas lent et légèrement claudiquant, une mince silhouette sombre tranchait avec le décors bien sage de la montagne à peine éveillée. A ses côtés marchait un Pokémon dont le pelage se fondait presque avec le brouillard. Le bûcheron ne les aurait sans doute jamais remarqué si son propre compagnon ne s'était subitement redressé, à l'affût. Il grogna, inquiet. Son propriétaire, la main en visière, vit la paire de voyageur arriver à sa hauteur.

Pour sûr, ces deux-là n'étaient pas du coin. Ils étaient même carrément bizarres. Le genre de personne dont on se méfie d'instinct. D'ailleurs, parvenus au croisement un peu plus bas sur la pente, l'étranger sembla hésiter. Le bûcheron l'observa sans gêne, intrigué, puis se décida à laisser là sa hache pour lui lancer :

" J'peux vous aider m'sieur ? "

L'homme en costume s'avança alors vers lui et notre homme lui trouva un air fatigué. Ses yeux perçants n'en contrastait que davantage sur ses cernes ternes qui lui soulignaient le regard d'une manière sévère. Celui-là devait bien se faire de bile pour ne pas dormir ! Et son Pokémon était au moins aussi flippant. Qu'est-ce qui lui avait pris d'aider deux trublions pareils, hein ?

" Certainement cher ami ! Nous nous rendons au domicile de mademoiselle Mayers. Pourriez-vous par hasard nous en indiquer le chemin ?

-Les Mayers ? Bah vous n'êtes plus très loin. C'est la maison que vous voyez là-haut, sur la colline. Argenta est juste derrière.
"





On frappa à la porte.

Mya, dans l'entrée, n'eut que quelques pas à faire...

Un homme, haut et pâle, se présenta à la porte, droit comme un i, une expression indéchiffrable sur ses traits tirés. Il aurait pu paraître oiseau de mauvaise augure si sa mise n'avait été aussi endimanchée. La femme qui lui avait ouvert, surprise, anxieuse, le dévisagea avec suspicion. Ses cheveux châtains, bien que peignés, semblaient vouloir se rebeller contre cette soudaine discipline imposée, et formaient quelques cascades discrètes sur ses tempes et sa nuque. L'inconnu parla alors d'une voix étonnamment posée pour de telles circonstances :

" Mes hommages, madame. Suis-je bien au domaine des Mayers, je vous prie ? "

D'une main, il avait tiré son chapeau et l'avait ramené contre lui, s'inclinant d'une manière bien démodée pour l'époque, tenant toujours sa canne de l'autre. Un maigre sourire étira ses lèvres fines. Il espérait ne pas se tromper : celle qui lui faisait face ressemblait presque trait pour trait à celle qui l'avait fait venir.

" Vous y êtes bien... Qui êtes-vous ? Que voulez-vous ? "

Le ton n'était pas agressif, mais pas courtois pour autant. En face d'elle, l'homme ne cilla pas, impassible, toujours souriant.

" Archibald Lannysser est mon nom, madame. Je vous présente toutes mes condoléances. Je suis...

-Archibald... Je vois. C'est Eva qui vous a invité, n'est-ce pas ? Elle m'a parlé de vous.
"

Encore une fois, le ton ne fut ni froid, ni spécialement chaleureux. Les yeux bleus étaient tristes et fatigués d'avoir trop pleuré. Le sourire de l'homme se fana.

" Ah. "

L'onomatopée, légèrement interrogatrice, demandait sans vraiment le demander tout à fait un développement du sujet. Mais ils n'en eurent pas le temps. Déjà, des pas précipités retentissaient dans la maison.



           

J'étais donc arrivé. La petite maison était sans prétention aucune, mais loin d'être miteuse. Une demeure bourgeoise, campagnarde. En accord avec les us et coutumes locales. Tout ce à quoi je m'étais attendu : pour autant, je n'en prenais pas moins le temps de goûter avec délice à ce que j'y découvrais. Ici, Eva avait passé son enfance. Ce jardin regorgeait certainement de ses souvenirs. Je le chérissais sans le connaître, rien que pour ce qu'il était.

Lorsque l'on m'ouvre, je crois d'abord la voir elle... Avant de réaliser que certains détails ne collent pas. Si je ne me trompe pas... Il s'agit là de madame Mayers. La mère d'Eva. Diantre, quelle troublante ressemblance... et j'en suis troublé, en effet. Je réalise combien Eva est jeune. Cela ne m'avait jamais frappé autant qu'à cet instant, où cette honorable femme, peut-être à peine plus âgée que moi, m'ouvre, me regarde, me juge sans me connaître, bien malgré elle. Ma main se crispe sur le pommeau de ma canne. Va-t-elle me laisser entrer ? Ou me claquer la porte au nez, comme l'imposteur que je suis peut-être à ses yeux ? Mon regard ne l'implore pas, pourtant. Il ne fait que compatir en silence à la douleur que je sens, tout autour de moi, plongé directement dans la tourmente des esprits que je frôle sans le vouloir.

Eva ? Est-ce... ? Oui, c'est elle. Mon cœur s'allège subitement. Ma tête se redresse un peu, comme pour apercevoir quelque chose dans le noir.







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Eva Mayers
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Jeu 14 Avr - 15:21





Au printemps, tombent les feuilles

Une fois sur le lit, Mentali vint se caler contre sa jambe, réconfortant comme à son habitude sa dresseuse. Son starter ne savait pas trop comment se positionner vis-à-vis d’elle, ne voulant pas l’embêter, peut-être préférait-elle être seule. Mentali se contenta donc de se reposer à ses côtés. Quant-à son homologue sombre, il resta à l’écart, sur l’oreiller, l’air toujours aussi las et désespéré.
La journée s’annonçait extrêmement longue et épuisante, hélas il ne restait déjà que peu d’énergie à la brune pour y faire face. Elle avait passée ces derniers jours à courir de droite à gauche pour remplir des papiers, ne se laissant aucun temps de répits pour commencer son deuil. Elle voulait juste en finir avec tout cela, que cette journée de malheur soit déjà passée, que la nuit tombe. Le temps se voulait vicieux pour elle et ses proches, ralentissant volontairement afin de faire durer sa peine.

Soudain elle entendit des voix à l’entrée. Sa mère étant seule en bas, il devait surement y avoir quelqu’un d’autre avec elle. Archibald ? Elle se leva d’un seul bon et passa sa tête par la porte, attentive au moindre son. C’était bien lui, elle aurait reconnue sa voix entre mille. Longeant le garde corps qui donnait sur le hall d’entrée et la cuisine, Eva se dirigea vers l’escalier, donnant droit sur la porte d’entrée, ouverte. Descendre quelques marches fut amplement suffisant pour l’apercevoir. Son cœur se réchauffa aussitôt, ses traits s’adoucirent en un sourire timide. L’air qui entrait dans la maison faisait danser le bas de sa robe, fine et légère. La présence de cet homme lui accordait un nouveau souffle, du réconfort, de l’amour. Car c’était sans nul doute par amour qu’il se trouvait là, qu’il avait fait ce long voyage pour venir à elle.

Entre eux pourtant il y avait une barrière de taille : sa mère. En un seul regard, la brune comprit que Mya était limite choquée du choix de sa fille. Elle le désapprouvait clairement. Son silence était révélateur et lourd de jugement. Elle devait sans doute comprendre maintenant pourquoi Eva ne lui avait pas donnée plus de détails sur sa liaison. En même temps, la jeune femme n’était pas vraiment du genre à étaler sa vie au grand public, pas même à ses parents. A son âge, approchant maintenant de la trentaine, Eva estimait qu’elle n’était plus obligée de rendre des comptes. Cette étape des présentations était pourtant obligatoire, mais la plus jeune des brunes ne s’était pas attendue à ce que cela se passe de cette façon.
Dans son imagination, son père aurait été là et aurait claqué la porte au nez d’Archibald avant d’en coller une à se fille. Bryan se serait senti déshonoré, insulté surement et aurait mis Eva à la porte au passage, allant jusqu’à la renier s’il le fallait. Une différence d’âge de plus de dix ans, c’était comme trahir la famille et son code d’honneur. En un sans, l’absence de son père était à l’avantage de son compagnon. Mya partageait sans aucun doute la même opinion, mais elle était plus douce que son défunt mari. Elle ne réagirait pas à l’extrême, encore moins un tel jour où sa fille allait déjà mal. Ainsi, elle garda le silence, se contentant de porter un jugement moral.

Eva prit une profonde inspiration et continua de descendre les escaliers, plus doucement. Archibald était fidèle à lui-même, d’une présentation irréprochable, tout comme son comportement. Il était parfait. La jeune femme s’avança vers lui, passant devant sa mère pour se réfugier dans les bras de l’homme qu’elle aimait, le serrant contre elle en laissant reposer sa tête contre lui. La différence de taille pouvait avoir ses avantages.

- Merci d’être venu.

Sa voix était basse, fatiguée, tout comme elle. Le visage d’Eva avait réussit à prendre quelques années en quelques jours seulement. La vie lui donnait une bonne leçon. Relâchant son étreinte, elle se tourna vers sa mère, ne pouvant l’ignorer plus longtemps. Les présentations étaient déjà faites d’un côté d’après ce qu’elle avait pu entendre, mais pas de l’autre, elle devait y remédier et briser la glace rapidement.

- Maman, je te présente Archibald Lannysser, je te remercie de m’avoir accordé sa venue.

Elle se tourna de nouveau vers lui.

- Je vous présente ma mère, Mya Mayers.

Eva valsait maladroitement entre deux langages distincts, entre deux mondes qu'elle chérissait. La situation était plutôt étrange et tous auraient certainement pu rester longtemps ainsi, mal à l’aise. Mais Eva ne se laissa pas démonter par l’accueil plutôt froid qui était réservé à son ami. Mya continuait de les fixer, comme si tout cela n’était qu’un mauvais rêve,  comme si Archibald n’existait pas. Eva prit les devants, imposant son caractère, sa décision, sa vie.

- Entrez, vous êtes le bienvenu ici.

D’une main douce dans le dos, elle l’incita à avancer et à passer devant Mya, qui tenait toujours la porte. Eva le suivit aussitôt, lançant un regard à sa mère qui était plutôt clair « oui, il est le bienvenu, alors ne me cherche pas, pas aujourd’hui ». Mya baissa la tête, elle avait capitulée, pour le moment du moins.

L’entrée donnait directement sur l’escalier en face et la cuisine à gauche. Plus loin, tout droit, une double porte donnait sur le salon, salle à mangé, équipé d’une cheminée. Eva l’invita à prendre place à la table. Toujours à l’entrée, sa mère prit la parole, semblant se détacher de la situation.

- Je vous laisse tranquille, je vais aller au funérarium pour accueillir les derniers visiteurs. Vous m’y rejoindrait ?

Eva acquiesça en silence, d’un signe de tête. Oui elle viendrait. Quant-à rentrer dans la chambre funéraire, ça c’était une autre histoire. Elle n’avait pas encore réussit à y mettre les pieds, tout comme à pleurer d’ailleurs, pourtant ce n’était pas la douleur qui manquait. Eva parvint à esquisser un sourire à sa mère et la regarda prendre mon manteau avant de sortir, les laissant seuls dans la maison. Au dessus d’eux, la tête de Mentali dépassait entre les barreaux. Toujours debout, Eva se dirigea vers le plan de travail.

- Je prends un café, vous en voulez un ?

Eva, ou l’art de contourner les sujets douloureux. Elle devait s’occuper absolument l’esprit et les mains pour ne pas se faire submerger par ses émotions. Elle était consciente que la présence d’Archibald pourrait la faire craquer et relâcher toute cette pression, mais elle ne pouvait pas se le permettre, pas dès son arrivée, elle devait faire face.

Dans la cuisine, un vaisselier supportait non seulement l’argenterie familiale, mais aussi quelques photos souvenirs comme celle d’Eva et ses parents, de leurs Pokémons, d’Eva avec Michal, celui qu’elle considérait comme son frère. L’histoire des Mayers était retracée dans toute la maison, de quoi donner bon nombres d’informations aux visiteurs. Une autre photo représentait Bryan au musée de la ville, devant le fossile géant d’un Ptéra dont il avait restauré le squelette.

Dans le dos d’Archibald, un tremblement métallique se fit entendre, rompant le silence. Eva était face au comptoir, reposant les tasses sur le support. Ses mains se voulaient déjà tremblantes. Combien de temps encore lui faudrait-il tenir avant de s’effondrer ? Consciente de ses faiblesses, elle ferma les yeux.

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Archibald Lannysser
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Jeu 14 Avr - 21:49



Au printemps, tombent les feuilles


Argenta - Matin - Kanto





Tant de choses à lire dans un regard. J'aimerai cependant y lire autre chose que de la désapprobation. Car je le sens, toute cette attitude, raide et distante, me le prouve : si je ne suis pas rejeté, je ne suis pas accepté. Serais-je venu en simple inconnu, peut-être aurais-ce été le cas. Or, il semblerait que mon lien avec la fille de cette lignée soit d'ores et déjà dévoilé. Soit.

Heureusement, je n'ai pas à m'expliquer d'avantage, ni à endurer quelque remarque désagréable. Eva vole à mon secours, comme un ange tout de noir vêtu. Sa simple vue me rend le sourire. Elle est la récompense pour avoir voyagé si longtemps et si loin. Je la suivis des yeux en silence, jusqu'à ce qu'enfin, elle franchisse le seuil de la maison pour me rejoindre.

" Merci d’être venu. "

Alors... Il n'y a plus qu'elle, désormais. Mes bras s'ouvrent pour l'accueillir, et se referment en une douce étreinte protectrice. Qu'il est doux de retrouver son âme sœur... ! Mes épaules s'affaissent et je glisse mon bras dans son dos, puisant des forces nouvelles dans ce contact intime réconfortant.

"Chère Eva... Je suis si heureux de vous revoir. "

Nos bras se séparent et je me plie aux nouvelles présentations. Ma douce amie a de si belles manières qu'elle m'en fait oublier le reproche brûlant au creux des prunelles de sa génitrice. Je préfère esquiver le regard en question, accaparé par ma belle et son parfum flottant discrètement dans les airs.

" Je vous présente ma mère, Mya Mayers.

-C'est un honneur madame,
dis-je en m'inclinant assez bas pour que mon regard rencontre mes souliers une seconde. "

A vrai dire, j'en viens presque à considérer ce geste comme une preuve de soumission de ma part : je ne souhaite pas être vu comme une gêne, un individu sûr de ce qu'il a acquis et se permettant de le faire savoir. Non : je ne veux être celui qui est toléré. Peut-être, un jour, pleinement accepté, selon le bon vouloir de celle qui reste encore la maîtresse de cette maison. Je suis surpris de voir Eva prendre les devant avec une intransigeance extraordinaire. Madame Mayers ne dit rien. Elle ne doit pas moins en penser, mais tout du moins ne nous empêche-t-elle pas d'entrer. Elle en vient même à nous signifier que nous devrons se passer de sa présence jusqu'à nous retrouver pour l'enterrement. J'acquiesce d'un hochement de tête, grave. Ainsi, nous voici donc seuls. Je ne sais trop que penser, ni que faire. Il y a tant d'abattement en ces lieux que mon humeur s'en ressent. Nous terminons notre trajet dans la cuisine. Ma curiosité me fait lever les yeux une minute, tandis qu'Eva me précède, sachant où trouver les ustensiles dans chaque placard.

" Je prends un café, vous en voulez un ?

-Volontiers ! Merci bien.
"

Elle paraît sur l'instant plutôt alerte : je ne m'inquiète donc pas. Je trouve une photo d'elle et d'une autre jeune personne, riant dans ce qui semble être un parc. Je souris, attendri. Chacun de ces clichés porte en lui beaucoup d'émotion. Derrière les sourires enfantins se cachent bien des secrets qui sont la clef de ce qu'Eva est aujourd'hui... Je me perds un peu dans ma réflexion, tout compte fait.

Le bruit d'un objet tombé au sol m'alerte : devant le plan de travail, presque prostrée, Eva me semble mal. Sans la moindre hésitation je la rejoins en quelques pas. Ma main se pose sur son épaule. Je me penche vers son oreille et y murmure avec tendresse :

" Je m'en charge. Vous feriez mieux de vous asseoir, Eva. "

Je ne peux cacher que son état me préoccupe. Je recueille avec une affectueuse autorité la tasse qu'elle tient et l'accompagne à la table. Je la sais épuisée par ses sentiments, je ne veux pas en plus la voir blessée.








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Eva Mayers
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Ven 15 Avr - 12:24





Au printemps, tombent les feuilles

La cuillère retomba sur le sol, vibrant sur le carrelage et tanguant jusqu’à se stabiliser définitivement. Les yeux toujours fermés, Eva se retenait pour ne pas pleurer, elle ne voulait pas que cela arrive maintenant. Pourtant elle était consciente que quelques larmes la soulageraient de toute cette tension.  La main d’Archibald se posa alors sur ses épaules, rassurante, protectrice, paternelle.

- Vous avez surement raison.

Docile, elle se laissa guider jusqu’à la table. Il était difficile que de s’accommoder de cet état léthargique. Heureusement elle pouvait compter sur son preux chevalier pour veiller sur elle. Elle lui était infiniment reconnaissante d’avoir fait le déplacement jusqu’ici. A voir son visage, il était clair qu’il s’inquiétait pour elle. Tout naturellement, il avait pris le relais en cuisine, comme si il avait toujours vécu ici, avec elle. Il était l’homme qui lui fallait, cela frappait aux yeux. Depuis sa chaise en bois, Eva ne se lassait pas de l’observer, même dans les gestes les plus banals du quotidien, c’étaient ceux qui avaient le plus de valeur.

- Votre voyage c’est bien passé ?

Elle marqua un temps de pause avant de reprendre.

- Ces derniers jours n’ont pas été simples. Je ne me souviens pas de m’être posée ainsi depuis mon retour à la maison. Je n’aurais jamais imaginé qu’il y avait tant de paperasseries à régler.
Depuis que j’ai appris pour papa, je redoutais ce jour avec angoisse et je n’aurais jamais cru qu’il serait arrivé aussi vite.


Oui, le cancer de son père avait été foudroyant, d’un autre côté, elle ignorait toujours depuis combien de temps il existait. Cela pouvait faire quelques mois, comme quelques années. Son père lui avait caché jusqu’au bout cette maladie, n’étant forcé de l’avouer qu’à cause de l’hôpital et de ses chutes à répétition. La dernière lui avait été fatale. Il avait voulu préserver sa famille en leur épargnant l’attente, le stress, l’espoir d’une rémission, la rechute. Bryan avait été un homme digne jusqu’au bout.
En observant Archibad verser le café, Eva eut une pensée soudain étrange. Au vu de son âge, peut-être avait-il déjà connu ce drame familial lui aussi. C’était possible après tout. Il était plus fréquent de perdre ses parents une fois passé la quarantaine que la vingtaine. Evidemment, elle ne lui poserait jamais la question, encore moins maintenant. Il était là et c’était déjà formidable. Grâce à lui, elle arriverait peut-être à entrer dans ce salon … ou pas, mais au moins elle tiendrait debout jusqu’à la fin de la journée. D’ailleurs d’ici moins d’une demi-heure, il leur faudrait quitter la maison eux aussi pour rejoindre Mya et les autres. Combien d‘autres d’ailleurs ? Eva ne se sentait pas spécialement à l’aise dans la foule et là elle savait que toutes les personnes présentes viendraient la voir, lui présentant leurs condoléances, encore et encore. Elle ne connaissait pas la moitié des gens qui seraient là et ça c’était encore pire. Son compagnon serait son pilier durant la journée, durant le reste de sa vie, en tout cas c’était ce qu’elle espérait.

Au dessus d’eux, la tête de Mentali avait disparue. Le chat mauve s’était pas mal calmé avec Archibald, ayant prit l’habitude de le voir au fil du temps. Le Pokémon à deux queues avait renoncé à séparer ces deux là, il avait capitulé. Eva était heureuse avec lui et c’était le principal. Ainsi, Mentali était parti rejoindre Noctali sur le lit afin de lui tenir compagnie. A chaque étage de la maison, deux couples se réconfortaient.

Les cafés furent servis et sans casse cette fois-ci. Eva entoura la sienne de ses deux mains, profitant de la chaleur qui se diffusait pour s’apaiser. Elle avait peur. Jamais de sa vie elle n’avait assistée à un enterrement. Parfois la nuit, depuis la mort de son père,  il lui arrivait de faire des cauchemars, son cerveau imaginant à chaque fois un scénario différent sur un thème pourtant bien précis « à quoi ressemblait le corps de son père à présent ». Des morts, elle avait eut l’occasion d’en croiser depuis son entrée chez les Rangers, comme au parc Safari cette année, mais jamais cela n’avait concerné une personne qu’elle aimait.

- Je voudrais tellement que tout soit terminé.

Ces mots lui avait échappés comme la fumée d’une cocotte minute arrivée à bonne température. Cela venait du cœur, sans aucun doute possible. Elle avait hâte que le soir tombe, de pouvoir se reposer enfin, pourquoi pas dans les bras de son compagnon. Mais pour le moment, de nombreuses heures encore la séparaient de la délivrance.

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Archibald Lannysser
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Sam 25 Juin - 17:08



Au printemps, tombent les feuilles


Argenta - Matin - Kanto





Tant de tristesse en un seul être. Même tout mon enthousiasme ne pourrait parvenir à la voiler. D'ailleurs, je n'essaye pas : ce n'est pas le but. Refouler tout cela ne mènerait à rien de bon. Eva doit l'exprimer, aussi douloureux cela soit-il, et ne pas garder ce poids pour elle. C'est aussi pour cela que je suis ici aujourd'hui. Ma main se pose sur son épaule, et avec elle tout mon assentiment. Qu'elle puisse y puiser toute la force dont elle aura besoin.

" Votre voyage c’est bien passé ? "

Je dépose les tasses sur la table, une devant chacun d'entre nous. Je fais de même avec les cuillères.

" Vous voulez dire, depuis mon départ d'Hoenn ? En vérité, j'ai bien trop l'habitude de voyager pour me soucier de la manière dont je le fais ! Ma vie n'est faite que de voyages ! Aucun d'entre eux n'est désagréable : que du contraire, c'est toujours un plaisir de voir de nouveaux paysages. De rencontrer de nouvelles personnes, ou bien de vieilles connaissances... "

Je dépose un sucre dans ma tasse et en propose à ma douce amie.

" Et si par là vous entendez " ne s'est-il rien passé de fâcheux ?", je vous répondrais seulement : "je suis ici en bonne forme et entier, c'est donc qu'il ne s'est rien passé de bien fâcheux". "

Et je lui souris de toutes mes dents. Non, je ne cherche pas à jouer les boute-en-train, mais je ne serais pas non plus Archibald Lannysser si je devais enfoncer le clou. Ce jour est suffisamment triste en lui-même sans que je me sente obligé d'en remettre une couche. Je tire la chaise près de la sienne et m'assied avec précaution. Je laisse ma canne accrochée au dossier et me saisit du café. Dire que je ne l'ai pas attendu avec ardeur serait mentir : la traversée du pays depuis Carmin-sur-Mer n'a pas été de tout repos, et je suis un peu fourbu.

" Ces derniers jours n’ont pas été simples. Je ne me souviens pas de m’être posée ainsi depuis mon retour à la maison. Je n’aurais jamais imaginé qu’il y avait tant de paperasseries à régler.
Depuis que j’ai appris pour papa, je redoutais ce jour avec angoisse et je n’aurais jamais cru qu’il serait arrivé aussi vite.
"

Le liquide sombre tournoie dans ma tasse tandis que je provoque ce vortex d'un coup de cuillère rêveur. Ce n'est qu'un geste machinal, alors que mon attention va à Eva et à son récit.

" Personne ne peut être préparé à cela. Même ceux qui savent ne le sont pas. "

Ma pensée me mène loin de Kanto. De l'autre côté de la terre, sur un petit contient un peu en marge où, dit-on, il fait bon vivre. Père est-il encore de ce monde ? Mère ? Après tout, pourquoi devrais-je m'en soucier ? Il y a si longtemps que je ne suis plus leur fils que sur le papier. Et encore... Même pas. Un frisson de mélancolie et de colère me parcourt brièvement, que je réprime en prenant une nouvelle gorgée brûlante. Je soupire silencieusement.

Nous buvons en silence, comme lors d'un recueillement intime. Elle, à son regreté paternel, moi, à mes défuntes pensées. Je l'envie, en un sens. Qu'est-ce que cela fait, d'avoir une famille aimante, même après tant d'années ? D'avoir un foyer où s'en retourner lorsqu'on le désire ? Je ne garde que d'excellents souvenirs de cette enfance tronquée dans ce vieux manoir, planté sur la colline, face aux montagnes. Mais des gens qui y vivaient ? Ah ! Que dire... Mon regard se perds dans les volutes qui s'échappent encore de la cafetière. Je n'ai jamais été comme eux. Ai-je été aimé ? Je ne m'en souviens pas tellement. Peut-être, un jour, ma mère, quand elle avait encore espoir que je sois comme mes aînés. Le jour où elle a compris que ce ne serait jamais le cas, qu'elle ne pourrait rien faire de moi qu'un dangereux paria, alors, certainement a-t-elle estimé qu'elle se contenterait du minimum syndical.
Je finis mon café d'une traite.

" Je voudrais tellement que tout soit terminé. "

Mon regard revient sur elle et j'oublie instantanément la morosité de mes errances précédentes. Je me relève, prends les tasses vides et les déposent dans l'évier, pour enfin lui proposer mon bras.

" L'heure finira par venir, et votre chagrin s’envolera, tout comme l'âme de votre père vers un royaume que l'on dit meilleur. Avez-vous un jardin ? Allons y faire un tour. Nous pourrons passer le temps jusqu'à ce que nous devions partir. "

Et quoi qu'il advienne, Eva, pensez que je suis là. La peine ne peut pas vous briser. Car votre père n'aurait pas voulu cela. S'il vous aime, il ne le veut pas, et ne le voudra jamais.







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Eva Mayers
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Dim 26 Juin - 20:41
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Au printemps, tombent les feuilles

Tenir la tasse chaude entre ses mains lui fit énormément de bien. L’énergie qui s’en dégageait avait tôt fait de la soulager quelque peu de sa peine. Eva se laissait bichonnée, elle profitait des ces minutes avec lui pour souffler un peu et se reposer sur lui : elle en avait grand besoin. Depuis des jours, elle courrait en tout sens, réfléchissait sans aucun répit aux meilleures décisions à prendre, se retenait sans cesse de pleurer devant les autres. Mais ici les masques pouvaient tomber, ils n’avaient aucun raison d’être. Archibald la connaissait mieux que quiconque au final, aussi étrange cela soit-il. Leurs âmes étaient liés, nouées, à jamais. Ayant accumulée toute la chaleur possible dans ses mains, la demoiselle laissa la boisson chaude faire son œuvre à l’intérieur, lui redonnant force et courage en ces moments pénibles. De son côté, Archibald était égal à lui-même et parvint même à la faire sourire. Il avait ce côté un peu « gauche » parfois dans ses réponses et ça l’amusait beaucoup. La brune n’avait pas besoin de parler pour qu’il complète de lui-même ses réponses bien souvent évasives. Il tait le seul, à sa connaissance, à avoir ce don aussi naturellement.

S’étirant un peu sur sa chaise pour sortir de son engourdissement aussi passager que désagréable, Eva fut surprise par la demande de son compagnon. Un jardin ? Euh oui. Légèrement perdue, la jeune femme eut du mal à resituer le jardin dans sa propre propriété. A force de trop cogiter, sa mémoire semblait vouloir se déconnecter par moment.

- Certainement.

Réponse courte, mais avec lui inutile de partir dans de longs discours. Archibald et elle pouvaient communiquer sans problème leurs sentiments et envies d’un simple regard. Se relevant, elle fut rassurée de voir qu’elle avait retrouvée tous ses moyens et ne tremblait plus. Toujours ça de prit ! Encerclant le bras qui lui était tendu, Eva le mena dans le salon puis au jardin par la baie vitrée qui y donnait accès. Un petit terrain, de tout au plus 500 m², mais bien suffisant pour une petite famille comme les Mayers. On y découvrait une balançoire, qui au vu de la rouille et l’écaillement de la peinture, n’était plus de première jeunesse, comme celle qui avait tant jouée dessus. Eva se voyait encore assise sur la balançoire, pendant que son père la poussait toujours plus haut, sous les éclats de rire de Mya. Tous de bons souvenirs, hélas il n’y en aurait plus maintenant, d’autant plus que l’attraction menaçait de s’effondrer si quelqu’un de trop lourd montait dessus. Ce jardin regorgeait d’agréables moments, comme la chasse aux œufs de pâques, les jeux avec les Pokémon, les siestes au soleil … tout cela lui paraissait si loin.

- Je n’ai pas à me plaindre au final. J’ai eus une enfance heureuse et des parents aimants. Cette maison, c’est une partie de moi. Je me plais à y revenir de temps à autre, histoire de me ressourcer. Et puis, ma mère va avoir besoin de moi maintenant, il va falloir que j’en tienne compte.

Traduction ? Eva allait devoir prendre du temps pour tenir compagnie à sa mère, pour la réconforter elle aussi. Cela serait à combiner à son travail qui représentait le combat des dernières années et de sa vie future. Difficile que de jongler entre deux univers pourtant elle allait devoir y arriver.

- Un peu d’air frais ça fait toujours bien. L’heure approche, nous ferions mieux de nous mettre en chemin.

Bien décidée à en finir le plus rapidement possible avec cette journée, la jeune femme rebroussa chemin jusqu’à la cuisine, avant de jeter un coup d’œil en haut de l’escalier.

- Nocta’, Ment’ ? …

Aucune réponse. Rien d’étonnant, elle ne s’était pas attendue à autre chose. Grimpant l’escalier d’un pas résolu, Eva disparu dans sa chambre, abandonnant son bien aimé en bas. Noctali était toujours sur le lit, avec son ami et n’avait pas l’air de vouloir bouger de là.

- Je sais que c’est dur, mais il faut y aller. C’était ton maître, mon père, nous devons êtres là une dernière fois pour lui.

Voyant que Noctali ne bougeait toujours pas, Eva l’attrapa dans ses bras sans que le félin noir n’oppose de résistance. Mentali sauta du lit et les précéda pour redescendre. Le chat sous le bras et la clé de la voiture dans l’autre main, elle fit signe à Archibald de la suivre jusqu’au garage. Comme elle s’y était attendue, Mya avait prit sa propre voiture et avait laissée celle de son mari à sa fille. Super …
Fermant les yeux un instant pour rassembler son courage, Eva installa Noctali et Mentali à l’arrière de la petite voiture grise et s’installa au volant pendant qu’Archibald prenait place à ses côtés.

La route pour se rendre au Funérarium fut courte, moins de 10 minutes. Ce qui fut plus compliqué, ce fut de trouver une place pour se garer. Bryan était connu dans la ville et l’enterrement avait rassemblé beaucoup de personnes. Sortant du véhicule, elle fut rassurée de voir que Noctali pouvait enfin bouger de lui-même pour la suivre. Ca serait ça en moins à penser. Reprenant sa place habituelle à la gauche de son amant, elle se mit en marche, rejoignant la foule. Saluer les gens présent lui paru interminable. Mais au final, cela l’amena tout droit dans la salle de recueillement où reposait son père. Il était là, allongé, fraichement arrangé par les employés. Mais il n’était plus celui qu’il était autre fois, la maladie avaient eut raison de ses traits d’autrefois. Eva ne s’y attarda d’ailleurs pas et rebroussa vite chemin, sous le regard parfois critique des autres.

- Je crois que je préfère garder une bonne image de lui. Pas celle-ci. Ce n’est pas digne de lui.

Qu’on la comprenne ou pas, elle s’en moquait totalement. Avec lui, elle attendit patiemment la fin de la cérémonie pour reprendre la voiture, en tête du cortège jusqu’au cimetière. Tout se passa très vite au final. Un poème ou deux, des mots d’amours et d’espoirs, la dépose du cercueil au fond d’un trou, les condoléances … puis plus rien. Le trio mère, fille, gendre se retrouva bien vite seul au cimetière, les autres s’étant déjà mis en chemin pour le musée où devait avoir lieu la réception en l’honneur de Bryan, l’employé modèle. Chacun regagna sa voiture en silence. Eva avait néanmoins réussit à prendre sa mère dans ses bras quelques instants, symboliquement. Comme un robot qu’on a programmé à l’avance, Eva prit la direction du musée et peina à nouveau à se garer. Sans compter que conduire CETTE voiture était psychologiquement une épreuve.

- Une petite vite du musée ? Je n’ai guère envie de me retrouver au milieu de tous ces inconnus et hypocrites sans doute pour la plupart.

Oui, la belle pouvait être méchante à ce genre d’occasion. Tout ce qu’elle voulait s’était se retrouver de nouveau seul avec le seul ici qui était en mesure de la comprendre.


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Archibald Lannysser
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Sam 2 Juil - 13:29



Au printemps, tombent les feuilles


Argenta - Midi - Kanto





Eva accepte mon bras et à deux, nous sortons dans le jardin attenant à la coquette maison par une large baie vitrée au salon. L'air matinal est encore frais malgré le soleil levant déjà bien présent au-dessus des montagnes. Ce n'était pas un pré immense, mais nous pouvions en faire le tour pour y admirer la vue sur Argenta et quelques mignons petit parterres de fleurs et le squelette défraîchi d'une vieille balançoire. D'un pas lent et propice à la détente, je marche tranquillement en sa compagnie dans l'atmosphère calme de cette contrée reculée du Kanto. Eva entame la discussion d'une voix qui laisse place

" Je n’ai pas à me plaindre au final. J’ai eus une enfance heureuse et des parents aimants. Cette maison, c’est une partie de moi. Je me plais à y revenir de temps à autre, histoire de me ressourcer. Et puis, ma mère va avoir besoin de moi maintenant, il va falloir que j’en tienne compte.

-Je vous comprends. C'est un endroit agréable. Je suis certain que votre mère sera heureuse de pouvoir à nouveau côtoyer sa perle de fille...
"

Je lui souris avec une pointe de tristesse dans le regard. Je ne peux pas avouer à quel point cela me laisse mélancolique. Qui m'attends, moi, le sans foyer, le déshérité ? Personne. Je peux même deviner que les rares fantômes qui hanteraient encore les lieux de mon enfance seraient prêt à m'en bannir avec torches et fléaux s'ils me voyaient revenir. Un sourire amer plisse mes commissures une seconde et je baisse le regard vers la pelouse. Elle me paraît soudain bien verte.

" Un peu d’air frais ça fait toujours bien. L’heure approche, nous ferions mieux de nous mettre en chemin. "

Déjà ? Ah, en effet, nous étions revenus devant la maison. Un peu à contrecœur, je suis Eva à l'intérieur. Elle remonte à l'étage et j'ai l’obligeance de ne pas l'y suivre. A la place, je tourne un peu en rond dans la pièce à vivre, Seth sur les talons. L'humidité fraîche de l'air me donne mal à la hanche. A moins que ce ne soit toutes ces émotions négatives qui flottent tout autour. Eva redescend avec ses Pokémons et m'invite à prendre la direction du garage : j'y découvre alors notre moyen de transport. Un vieux modèle de voiture, parfaitement entretenu, d'un gris impeccable.

Je n'ai jamais envisagé de prendre des cours de conduite et n'ai jamais touché un volant de ma vie. Autant dire qu'il est inenvisageable que je monte à la place du conducteur. Celle du mort - je veux dire, du passager, m'est toute indiquée. Je prends place dans le carrosse motorisé, chapeau sur les genoux et Seth à l'arrière, avec les deux autres félins. Eva sait ce qu'elle fait. Mais visiblement, n'a pas l'air enchantée de le faire. Je devine, à force d'observations, sans qu'il ne soit besoin de me le spécifier, que cette voiture grise n'est pas la sienne, mais certainement une qu'elle n'aurait jamais voulu conduire en de telles circonstances. Je mets mon caractère jovial en berne, tâche de faire de mon mieux pour paraître grave. Le moteur rugit et nous dévalons bientôt la pente en direction de la ville dans la vallée. Le voyage n'est pas long, mais il me paraît une éternité tant je n'ai rien à dire. Le silence est pesant.

Une foule austère attend, à peine silencieuse. Les conversations se fondent dans un bruit de fond semblable à un bourdonnement sourd. Je me sens épié d'une manière qui ne me plaît guère. Il faut dire, à leur décharge, que ma mise détonne un peu dans le décors, et que mon visage ne fait pas partie de ceux connus ici. Eva me prend le bras et me guide au travers de ce groupe anonyme. Je me suis rarement senti aussi peu à ma place. Mais je me contente de me détourner, de ne croiser aucun regard. Je passe, comme toujours, je passe sans m'arrêter. Finalement, je comprends où nous mène notre route au travers de la petite foule quand Eva s'arrête subitement. Mon regard suit le sien.

C'est donc lui. Étrangement, je l'aurais deviné, même s'il ne m'avait pas été présenté. Ses traits sont presque identiques à ceux de sa fille... au masculin. Eva fut très affectée par cette vision et je ne réagis que trop tard. Je restais là, devant cet homme que je ne connaissais pas, n'avais jamais connu et ne connaîtrais jamais, qui pourtant me semblait familier dans son costume sombre. Ressemblerais-je un jour à cela ? Fatalement, sans doute. Je me découvre humblement et récite quelques mots à l'attention de son esprit, déjà en route dans l'invisible.

Soyez certain, monsieur, du haut de vos cieux, que tant qu'un souffle animera mon être, je prendrais soin de votre fille. Tant que je serais en état de la défendre, je le ferais, et tout ce qui pourra profiter à son bonheur, la préserver du malheur, cela aussi, je le ferais.

C'est un serment silencieux que je fais ce jour. Je place ma main au niveau du cœur, pousse rentré vers l'intérieur, comme me l'avait jadis enseigné Florian. Ce signe discret scelle ma résolution devant le défunt. Je m'écarte alors du cercueil et suit Eva en sens inverse. Elle est pressée de s'éloigner.

" Je crois que je préfère garder une bonne image de lui. Pas celle-ci. Ce n’est pas digne de lui. "

Que dire ? Que répondre ? Je sens la colère dans ces mots. Et je n'ai rien pour l'apaiser. Mes yeux se perdent sur la silhouette en deuil, ses mèches sombres plus ternes qu'à l'accoutumée.

" La vérité fait parfois plus de mal que le mensonge. "

C'était ce que m'évoquait cette pensée. Je regarde encore la foule quand ce murmure m'échappe. Et je réalise instantanément qu'Eva est à mes côtés. Mes pommettes se colorent un peu de mal aise. Je m'empresse de rectifier.

" Désolé, ce n'est pas ce que je voulais dire. Ce n'est rien. "

Et je m'éloigne à pas forcés, tirant un peu sur ma jambe pour m'éloigner au plus vite. Nous nous retrouvons bientôt seul en chemin, loin du regard réprobateur des endeuillés et des racontars à notre sujet. Une solitude qui me sied davantage. Nous nous arrêtons devant une belle et grande bâtisse au style désuet bien agréable.

" Une petite vite du musée ? Je n’ai guère envie de me retrouver au milieu de tous ces inconnus et hypocrites sans doute pour la plupart.

-Ah, volontiers ! On dit qu'il y a ici nombre d'objets stellaires et antiques très intéressants !
"

Ma curiosité est piquée, et je suis Eva dans le grand bâtiment. Je n'ai pas encore eu l'occasion de faire une telle visite ! Si cela peut en outre lui faire oublier momentanément sa morosité, ce n'est que mieux.

" Voudriez-vous me servir de guide ? "








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Eva Mayers
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Sam 2 Juil - 17:27
Rp en duo (Archibald Lannyser)

Au printemps tombent les feuilles

Le seul avantage de la journée c’était le fait que le musée était gratuit aujourd’hui. Malgré le fait que ce lieu lui rappelait beaucoup de souvenirs, Eva avait plaisir à être ici. Ce musée représentait toute son enfance, une partie de sa vie et peut-être de son avenir. Les fossiles Pokémon l’avait toujours intéressé, pour leur pureté, leur histoire, leur âme. Son père avait toujours été le fervent protecteur de ce patrimoine et elle en était fière. La jeune femme avait beau être Ranger, elle avait toujours le sentiment d’être inférieure à son père, tant il était haut dans son estime : un symbole d’excellence et de sainteté. Un exemple à suivre. Prenant Archibald par la main, elle l’entraina dans les couloirs et salles du musée, loin de l’agitation qu’il y avait en bas entre tintement de verres et rires. Eva n’avait pas le cœur à la fête mais plutôt à la nostalgie. Naturellement, elle emmena son amant devant la reconstitution d’un squelette de Ptéra.

- C’était son préféré. Il a participé à sa reconstitution.

Le fossile faisait presque 2 mètres de haut et était impressionnant même si ce n’était là que des os. Une espèce éteinte, mais que la technologie avait pu ramener dans ce monde, comme d’autres fossiles d’ailleurs. Ce joyaux de la collection du complexe d’Argenta était aussi important aux yeux d’Eva. Il était le lien qui la rattachait à son père. Tout ce bâtiment lui était cher car c’était un peu comme sa seconde maison. Elle en avait passée des heures ici à attendre que Bryan ait terminé son service. Malicieuse et intelligente, elle avait même raconté des événements historiques aux touristes, transmettant ce que son père lui avait appris. Mais tout cela c’était passé maintenant. Sa vie n’était plus à Argenta, mais là où son travail l’exigeait.

Maintenant que l’enterrement était passé, la brune se sentait plus légère, soulagée était d’ailleurs le meilleur terme. Jamais elle n’avait emmené quelqu’un ici avec elle, c’était son jardin secret. Archibald ne le savait peut-être pas mais c’était un grand honneur qu’elle lui faisait en partageant cette visite avec lui, en le faisant entrer dans son intimité. Mais il le méritait, lui, son âme sœur, son alter ego. Les deux félins suivaient en silence, Noctali avait la tête basse. Difficile pour lui d’être ici, c’était là qu’il avait travaillé pendant des années avec son premier maître. Sa vie allait changer maintenant, il allait être sur les routes avec Eva.

Maintenant que le pire était passé, la brune se demandait ce qu’allait faire son compagnon. Allait-il repartir le soir même ou resterait-il un peu à Argenta, chez les Mayers ?

- Je ne vous remercierais jamais assez d’être venu. Ca me ferait plaisir si vous restiez.

Une nuit, deux jours, peut-être plus. Maintenant qu’il était là et qu’il entrait dans la famille Mayers, elle ne voulait plus le quitter. Sa compagnie lui était encore plus précieuse que tous les objets de valeur ici. L’idée de passer à nouveau quelques jours avec lui fut un doux réconfort, lui redonnant presque le sourire. Avec le temps, ça irait mieux. Avec lui, ça irait mieux.

Fin pour moi (si ça te va)
CODAGE PAR PUPPY SUR LG

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Archibald Lannysser
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Lun 17 Oct - 18:51



Au printemps, tombent les feuilles


Argenta - Midi - Kanto





Le musée d'Argent était parmi les plus célèbres au monde. Autant dire qu'ici, il n'est point question de quelques babioles sans intérêt. De grandes avancées scientifiques, sur l'Hitoire et la biologie des Pokémon ont été faites entre ces murs. C'est d'autant plus émouvant lorsque l'on sait que le père d'Eva y a officié durant si longtemps. Certainement ce lieu portera-t-il pour longtemps encore son empreinte. J'ai du respect pour cet homme que je n'ai jamais connu. M'aurait-il apprécié ? Aurait-il compris, que malgré ma différence, j'étais plus attaché à Eva qu'à n'importe qui d'autre ? Une telle réalité est parfois si complexe. Et moi, à sa place, aurais-je été capable de comprendre ? Tant de questions. Aucune réponse. Tant mieux, car c'est dans la réflexion même, dans son cheminement, que réside notre évolution. Les réponses n'appartiennent qu'à chacun d'entre nous. Je saurais les trouver en temps utile. Pour l'heure, je préfère me laisser guider par mon ange gardien. Même en ce jour si sombre, alors que son coeur est noirci et brûmeux, je ne peux m'empêcher de la trouver divine. Bah. Suis-je devenu sot ? Peut-être, on raconte que l'amour vous rend bête. Mais dans ce cas, j'aime à être bête.

Nous passons devant un squelette de belle taille, dont la mâchoire aurait pu aisément me cisailler la nuque d'un seul coup. J'admire la créature, conscient de ce que devait jadis être sa puissance.

" C’était son préféré. Il a participé à sa reconstitution. "

Je hoche la tête, admiratif.

"Un bien beau travail. Un Ptera, si je ne m'abuse ? Fabuleux monstre que celui-ci, vraiment ! Je me demande ce que l'on sait aujourd'hui à son sujet. "

Par curiosité, je m'approche du petit panneau explicatif au pied de la reconstitution. Archibald Lannysser, toujours partant pour en apprendre, surtout quand le savoir coûte si peu ! J'en veux presque à tout ceux qui ne font que passer sans rien lire. Ptera est une légende de l'ère pré-humaine. Un titan des airs, que bien peu de Pokémon de l'époque pouvait égaler en rapidité ou en agilité. Les Pokémon oiseaux d'aujourd'hui ne sont, en un sens, qu'un reflet timide de leur redoutable ancêtre. La visite continue, les visiteurs en oublient presque qu'ils viennent d'enterrer un membre éminent de l'institution. On parle technique, archéologie, ou tout simplement potin du coin. Au détour d'une vitrine, je sens la chaleur très particulière d'une jeune femme aux yeux d'azur contre mon bras. J'en oublie à l'instant ce que je viens de lire à propos des météorites du Mont Sélénite.

" Je ne vous remercierais jamais assez d’être venu. Ca me ferait plaisir si vous restiez. "

Le haut de mes pommettes trahit brièvement mes sentiments. Peut-être aussi mon sourire, qui s'étire, renvoyant toute cette chaleur qu'elle partage sans retenue tel un parfait miroir. Je m'incline, la main sur le cœur, heureux, simplement - totalement ? - de pouvoir enfin toucher du doigt ce lien que je n'avais qu'espéré tout ce temps, comme un artiste espère voir une hirondelle s'approcher de son pinceau pour l'admirer. Lui qui ne peut en faire qu'une pâle et triste copie.

" Alors, je resterai. "

Pour le restant de mes jours ! hurle mon cœur, et ma raison le fait taire. Mais bien malin serait celui ou celle qui me ferait manquer à ma parole.

Fin. (Enfin, qu'elle se dit ! Pas trop tôt ! /PAN/ )







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